Crowd Fooling (l’instrumentalisation néo-libérale de la solidarité en Grèce)

Le 1er juin à l’ambassade grecque de Belgique, a eu lieu la présentation du programme ”Act4Greece” par Mme Louka Katseli, ancienne députée et ministre du PASOK (PS grec), aujourd’hui présidente de la Banque Nationale de Grèce et de l’Association des Banques Grecques. Il s’agit d’une plateforme de financement participatif, développée par ”Crowdpolicy” (une entreprise co-fondée par M. Yorgos Karamanolis, ancien cadre du PASOK chargé des nouvelles technologies), mise en place par la Banque Nationale de Grèce et soutenue, entre autres, par les fondations de grands armateurs (la Fondation Onassis et la Fondation Latsis). Son objectif serait de financer des actions sociales et des projets de développement en Grèce faisant appel à des dons par la diaspora grecque.

Comme on apprend sur le site de la plateforme (https://www.nbg.gr/act4greece/en), il y a un projet accompli et trois projets en cours, révélateurs de l’esprit bancaire de pseudo-solidarité sociale: la modernisation d’un des théâtres grecs les plus historique et important (Theatro Tehnis) lequel a eu droit à 108.176 euros (!); la digitalisation des archives publiques sur la Révolution Grecque par le nouveau ”Centre de Recherche pour les Sciences Humaines”, qui est financé par la Fondation Latsis et présidé par le professeur Kostas Gavroglou, un député de Syriza; le financement de repas scolaires dans neuf écoles à Perama (quartier très pauvre à l’Ouest du Pirée) pour quatre mois et l’aide humanitaire (soins médicaux) attribuée à sept îles éloignées de la Mer Egée. Pas un seul mot sur les causes et les responsables de l’appauvrissement et de la crise humanitaire, dont notamment les banques qui ont dévoré 300 milliards d’euros de soutien public depuis 2008 et qui s’apprêtent à vendre leurs prêts hypothécaires à des fonds vautours ce qui va avoir pour conséquence l’expulsion de gens de leurs maisons.
Pas un seul mot non plus sur le fait que les recettes du gouvernement grec servent désormais, en grande partie, à rembourser une dette odieuse et illégitime laissant aux institutions financières privées le soin de financer des projets d’une importance sociale considérable à leur profit. L’Etat se décharge ainsi de ses responsabilités vis à vis de la population grecque et est en train de créer un environnement propice aux institutions financières pourtant responsables de la crise. Les expressions “plateforme participative de financement” et “actions sociales” ne sont que le cheval de Troie d’une emprise plus grande des institutions privées sur le financement de projets à caractère public. Afin de permettre cette appropriation et privatisation des responsabilités de l’Etat, la loi grecque sur les collectes (datant de 1931) a été modifiée en 2015 pour inclure les institutions financières, car auparavant seul le ministère du Travail était autorisé d’organiser des collectes.
Lors de la présentation à Bruxelles, Mme Katseli a révélé que prochainement la plateforme servira aussi à l’octroi de prêts à de nouvelles entreprises par la Banque Nationale de Grèce, autrement dit celle-ci se dotera d’un outil supplémentaire pour continuer et élargir ses activités lucratives. Notons , enfin, que le programme, lors de sa présentation à Athènes, a été salué par le Premier Ministre Alexis Tsipras comme un projet modèle qui va entraîner la renaissance de l’espoir en Grèce. Voilà qui en dit long sur la politique sociale de la ”gauche” grecque!
latsorama
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