Notre intervention lors du meeting politique “Chercher une alternative à l’austérité après le “coup” contre la démocratie grecque”

Dans le cadre des mobilisations contre TTIP et l’austérité à Bruxelles 15-17 octobre http://www.ox15.eu/en/actions

http://www.d19-20.be/Evenements/meeting-politique-chercher-une-alternative-a-lausterite-apres-le-coup-contre-la-democratie-grecque/

meeting

“Chers amis, camarades

L’arrivée de Syriza au pouvoir en janvier dernier a suscité un immense espoir en Grèce et dans toute l’Europe. C’ est cet espoir d’une véritable alternative politique qui a mobilisé des centaines de milliers de gens dans les rues en solidarité avec le peuple grec, demandant à son gouvernement de tenir bon face aux chantage des élites européennes, de respecter le mandat que le peuple grec lui avait confié. C’est ce même espoir, cette soif de dignité et d’émancipation qui a poussé le peuple grec à braver les menaces, à ignorer la fermeture des banques et la campagne de terreur médiatique, et à dire OXI, cet incroyable 62% de NON massif au référendum du 5 juillet.

L’ampleur de cet espoir rend la capitulation du 13 juillet d’autant plus douloureuse. La signature du troisième mémorandum par le gouvernement Syriza nous oblige tous à nous repositionner et à tirer les enseignements nécessaires de cette expérience.

Quelques mots d’abord sur la situation en Grèce. Un troisième programme de la Troika s’applique. Au moment où nous parlons le Parlement grec est en train de « discuter » des nouvelles mesures qui votera ce soir. Le programme prévoit:

  • Une attaque feroce aux retraits. On abroge le droit à une pension ‘de dernier ressort’ pour toutes cettes personnes agées qui n’ont pas d’autres revenus. Cecil touchera 30,000 personnes. On limite toute sorte des pensions et des centaines de miliers de gens vont se retrouver avec des pensions inférieurs ou très proche au seuil officiel de la pauvreté.
  • L’augmentation radicale du TVA qui a été déjà appliquée et l’augmentation des tickets de transport public qui est voté aujourd’hui vont encore appauvrir les Grecs dont la majorité n’arrive pas à joindre les deux bouts à la fin de chaque mois.
  • Privatisations : 14 aéroports régionaux sont vendus à l’entreprise allemande sou contrôl public Fraport. Le port du Pirée et les chemins de fer attendent leur tour.
  • Le secteur public n’augmente pas du tout son contrôl sur les banques comme il a été promis par Syriza. Au contraire, on sauve de nouveau les banques avec 17-30 milliards soldés sur le compte des citoyens grecs et au même temps: 1) on augmente le contrôl directe de la BCE et de la COM[1] 2) on garantie les actions de banquiers grecs, 3) on fait entrer des fonds d’investissement étangers, canadiens, américains et autres.
  • Sur la Dette, ce que la Commission propose est un reprofilage (réechelonnement de paielents et un taux special pour une partie de la dette sur base volontaire) en retour d’encore un programme d’ajustement économique.

L’ampleur des mesures prévues par le troisième mémorandum et surtout les conditions strictes d’application ne laissent aucune marge de manœuvre au gouvernement pour un “programme parallèle”. Le mémorandum prévoit d’ailleurs noir sur blanc que tout projet de loi présenté par le gouvernement doit avoir l’aval de la troika.

Les trois millions sans sécurité sociale

Plus d’un million de chômeurs sans aucune allocation

La mal-noutrition des enfants scolarisés.

La violence policière contre les mouvement sociaux, notamment le mouvement contre le mine d’or à Skouries.

Rien de tout ça n’a changé. Tout va s’empirer aves le 3ème mémorandum!

Ici en Belgique on s’est indigné pour tout ça. Nous les Grecs de la Belgique on a organisé des actions contre les représentants des gouvernements grecs ici à Bruxelles pour dénoncer tout ça. Et le mouvement anti-austérité belge a été toujours à nos côtés. Vous nous avez soutenus dans tout ça de façon remarquable. Le même est vrai pour les mouvements anti-austérité dans toute l’Europe.

Maintenant va-t-on faire différemment? Pourquoi ferait-on différement?

Il y a des mouvements qui commencent à se redresser du choque de la capitulation pour combattre ces mesures.

  • La semaine dernière il y avait une manifestation importante contre la continuation de la privatisation du port de Pirée
  • Même des autorités régionales par exemple aux iles ioniennes s’opposent à la vente des aéroports et prennent des initiatives dans ce sens.
  • Le 12 novembre il y aura une grève générale contre les mesures de l’UE et du gouvernement. Ce soir même il y a un rassemblement devant le Parlement contre ce qui sera voté.

Ces mesures ne laisseront pas vraiment le choix au peuple grec. Après le coup de massue de juillet qui s’est traduit par une abstention-record aux élections de septembre, la riposte populaire va s’organiser, s’organise déjà.

On ne peut pas au même temps soutenir ceux qui appliquent et ceux qui resiste au programme. On doit choisir chers amis. Il n’y pas d’autre solution. Ceux qui sont hésitants vont voir très bientôt que ce n’est pas possible de ne pas choisir.

Beaucoup vont dire, oui mais le gouvernement Syriza n’avait pas d’autre choix. Chers camarades, les gouvernements précédents en Grèce disaient aussi qu’ils trouvent les mesures injustes mais qu’ils sont obligés à les appliquer. Le rôle de la gauche ne doit pas être de se plier devant le TINA. Le gouvernement grec avait dans ses mains la conclusion de la Commission parlementaire de Vérité sur la dette qui l’a declaré illégitime mais il a opté de ne pas l’utiliser malgré les solides arguements de droit international solides que ça lui donnerais.

Est-ce que une declaration de la dette comme illégitime risquerait d’aggraver le conflit avec l’UE? Sans doute. Mais on ne peut pas lutter si on n’utulise pas les armes qu’on a. Le gouvernement grec de janvier à juillet n’a utilisé presque aucun.

Sur l’échelle européenne: tout d’abord il nous faut constater que la stratégie du “ni rupture-ni soumission”, la stratégie du win-win, a échoué. Ça n’a jamais été une question de trouver les bons arguments, de convaincre nos soi-disant partenaires européens que nous avions raison, que l’austérité “ne marche pas”. Pour une organisation au comportement mafieux comme l’Eurogroupe, pour les talibans néo-libéraux du FMI, pour les bureaucrates de la Commission au service des lobbys et des multinationales, l’austérité marche très bien.

Nous sommes tous ici d’accord pour dire que le 13 juillet 2015, on a assisté à un coup d’Etat. Les masques sont tombés et l’UE nous a montré son profond mépris pour la démocratie. Mais c’est pas suffisante de constater ça. Il faut en tirer de conclusions pratiques.Nous avons à présent la preuve que cette Union et ses institutions ne sont pas réformables, que l’acceptation du cadre établi par les Traités européens rend automatiquement impossible toute politique progressiste, aussi modérée soit-elle. Dans ces conditions, la sortie de l’Eurozone, la delcaration d’une dessobéissance vis-à-vis aux lois antisociales de l’UE même ne peut plus être un sujet tabou pour les forces de gauche en Europe. Nous ne pouvons pas nous permettre de laisser le terrain du rejet de cette UE aux forces de l’extrême-droite fasciste ou fascisante qui se propagent en Europe.

La théorie des petites fissures dans l’édifice, de s’attendre les uns les autres ne porte pas ses fruits car le temps presse, camarades, et les désastres provoqués par ces politiques barbares deviennent irréversibles, l’Etat d’exception démocratique devient permanent, l’aberration devient normalité.

Notre devoir est de soutenir les ripostes des mouvements partout en Europe, de demander comme nous l’avons toujours fait, l’abrogation des programmes d’austérité partout, dénoncer ceux qui les imposent mais aussi ceux qui les appliquent, d’exiger l’annulation de la dette illégitime au nom de laquelle des pays souverains se transforment en colonies. Notre devoir est aussi de préparer une alternative à ce cauchemar que nous vivons en Europe, en sachant que celle-ci passe par une désobéissance aux diktats de l’Union Européenne.”

[1] six experts indépendants, trois d’entre eux (dont le président qui aura voix prépondérante en cas de partage égal des voix) devant être nommés par les institutions de l’UE http://unitepopulaire-fr.org/2015/10/11/la-grande-escroquerie-concernant-les-banques-grecques-par-petros-papakonstantinou/

Advertisements

Votre commentaire

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s