Intervention de l’Initiative lors de la maniféstation de solidarité avec les Grecs le 21 juin

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“Chers amis, chers camarades

Quelques paroles de la part de l’Initiative de Solidarité avec la Grèce qui Résiste.

Ça c’est probablement la plus grande manifestation jamais organisée en Belgique en solidarité avec le peuple grec. Et une de plus grandes organisée hors du pays ces jours-là.

Les Grecs progressistes de la Belgique vous remercient!

On n’oubliera pas votre solidarité qui est émouvante. Les deux peuples sont ensemble dans cette lutte comme tous les peuples de l’Europe. Ensemble, unis pour combattre les politiques d’austérité, pour enterrer le néolibéralisme barbare.

Beaucoup de ces Grecs sont arrivés ici pour fuir la crise et la misère. Tous ont leurs familles au pays qui souffrent depuis 5 ans l’appauvrissement extrême imposé par l’Union européenne pour sauver les banques. Pour fabriquer en Europe de zones économiques spéciales pour servir les intérêts de multinationales.

Il est temps d’en finir avec cette politique. panomas.kala

Les Grecs se sont battus pendant 5 ans avec des grèves générales, avec des manifestations et des occupations de places violemment réprimés par la police, avec des grèves sectorielles de longue durée, avec la construction des structures de solidarité populaire concrète.

Aves leur vote le 25 janvier, ils ont clairement rejeté les programmes de la Troïka et les diktats de l’Union européenne.

Ils ont voté pour un programme qui défendait:

  • Le rétablissement de conventions collectives de travail nationales et sectorielles
  • Des mesures d’urgence sociale contre la pauvreté qui a explosé
  • La réduction du TVA et l’abolition de taxes injustes telles que la taxe foncière spéciale
  • Un control public accru du système bancaire
  • L’arrêt de la confiscation de bien publics via les privatisations
  • L’annulation de la plus grande partie de la dette que le rapport préliminaire du comité parlementaire d’audit indique déjà qu’elle est odieuse et illégitime car elle a été contractée au dos du peuple grec comme au dos du peuple belge et tous les autres peuples européens.

En bref, ils ont voté pour la fin du carnage social et pour la prise des mesures pour inverser la tendance, dans le sens des intérêts de la majorité sociale, des travailleurs qui créent les richesses, dans le sens de la justice sociale, de la vraie démocratie, de la souveraineté populaire.

Mais l’Union européenne ne respecte pas ce choix. Elle utilise tout son poids économique et politique pour faire accepter au nouveau gouvernement encore plus d’austérité qu’elle imposait au gouvernement conservateur – qui a été en réalité un gouvernement d’extrême droite – précèdent.

Chers amis, chers camarades

Il faut avoir l’audace d’avouer que les soi-disant négociations vont très mal.

Le gouvernement grec a indiqué déjà qu’il est prêt à accepter la continuation de la privatisation des infrastructures vitales du pays comme les ports maritimes et les aéroports, le maintien de la taxe foncière horizontale qui dépouille les foyers grecs et qui en grande partie a fait tomber le gouvernement précèdent…. Elle est prête à accepter l’abolition progressive d’un supplément de pension pour les plus pauvres.

Les créanciers, l’Union européenne demandent beaucoup plus. Ils demandent de réductions nettes dans les pensions (dont 60% est inférieur à 700 Euros), ils demandent un démantèlement encore plus grand du marché de travail, ils demandent des licenciements, ils demandent la privatisation du gestionnaire des réseaux électriques.

Ils veulent, en fait, anéantir politiquement le gouvernement anti-austérité grec pour arracher tout espoir des peuples européens. Pour démontrer qu’aucune possibilité d’échapper à la barbarie de l’austérité ne peut exister. Pour nous signaler que la démocratie c’est fini et que la dictature de la finance et d’autres groupes capitalistes est le seul avenir.

Il faut voir les choses en face, chers amis.

En ce moment aucun accord n’est possible qui permettra de renverser même partiellement les programmes d’austérité qui sont en place. Et si un gouvernement qui se revendique de la gauche radicale continue une politique d’austérité ça ne va pas lui faire « gagner du temps » comme on l’entend souvent. Ça va détruire sa crédibilité, ça décevra les citoyens, ça va le transformer en nouveau gestionnaire des diktats de l’oligarchie économique, ça sera – en bref – sa mort politique en tant que force émancipatrice.

Le choix démocratique authentique c’est de se retirer de ses négociations aux allures de carnage, de mettre en application le programme anti-austérité approuvé par le mandat populaire en faisant défaut de paiement aux prochaines tranches de la dette et en refusant de payer sa partie odieuse et illégitime.

Une manif syndicale massive ce soir à Athènes exige exactement ce choix démocratique et courageux qui est la rupture avec les créanciers. Il est temps d’exercer la souveraineté démocratique du peuple, il est temps de montrer que les pays ne peuvent pas fonctionner comme des sociétés privés et qu’ils doivent appartenir aux peuples,  aux citoyens,  aux travailleurs.

Si le gouvernement grec se voit obligé finalement d’aller à la rupture avec ces créanciers pour donner priorité aux besoins des couches populaires, chers amis, n’écoutons pas les médias et la propagande dominante. Il ne s’agira pas d’un refus de l’unité des peuples de l’Europe de la part des Grecs. Même si la Grèce sort de cette machine à chantage qu’est l’Euro.

Il s’agira d’un acte d’émancipation des peuples contre ceux qui les exploitent, contre les vampires de la finance, contre la clique non élue, antidémocratique de Draghi – Juncker – Lagarde.

Il s’agira d’une rupture qui continuera à mériter votre solidarité émouvante, elle aura encore plus besoin de cette solidarité.

Les mouvements des travailleurs, les mouvements de contestation qui demandent toute autre chose ont intérêt à donner priorité à la rupture avec l’austérité, à l’imposition par leurs actions des politiques alternatives: un tax-shift, des investissements publics, l’élargissement de droits sociaux et le contrôle citoyen dans l’économie.

C’est à ça qu’on doit donner priorité: casser le cercle infernal de l’austérité ou on peut. Aujourd’hui en Grèce, demain en Espagne, après demain ici en Belgique. Notre priorité ne doit pas être le sauvetage de l’Euro, une monnaie unique qui n’a finalement amené que des malheurs à l’immense majorité des citoyens en Europe.

N’attendons pas que l’Union européenne change. Renversons maintenant ou on peut les gouvernements pro-austérité – et en Belgique on peut! – et imposons dans chaque pays des gouvernements qui auront pour priorité les besoins des citoyens, des gouvernements sous le contrôle des mouvements du peuple, du peuple organisé et agissant.

Pour le socialisme du 21ème siècle, un socialisme de démocratie, un socialisme d’autogestion, un socialisme de l’émancipation.

Vivent les travailleurs de l’Europe et les mouvements citoyens pour toute autre chose!”

Vidéo https://www.rebelmouse.com/StreamLiveBelgium/speech-grecsdebruxelles-stopausterity-21j-changeeurope-1210117198.html

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