Mamadou Bah: retour sur une victoire à l’issue d’une campagne acharnée

Mamadou Bah reconnu réfugié par la Belgique après avoir fui la Grèce et Aube Dorée

mamadouPublié aussi sur Okéanews

Le 16 mai dernier, au terme d’une procédure de sept mois, Mamadou Bah se voyait accorder à nouveau le statut de réfugié, cette fois par le Commissariat Général aux Réfugiés et Apatrides. Une nouvelle des plus réjouissantes, non seulement pour cet ex-réfugié guinéen en Grèce, pays qu’il avait dû fuir suite à deux agressions successives menées par les milices d’Aube Dorée, mais aussi pour l’ensemble des demandeurs d’asile. Et enfin pour le peuple grec, martyr des politiques barbares de la Troïka et de la terreur des bandes néo-nazies.

Ce n’est pas exagéré d’affirmer qu’il s’agit là d’une victoire cruciale, et ce à plusieurs niveaux.

La sécurité pour un rescapé de la terreur fasciste

Avant tout, bien sûr, pour le principal concerné. Figure de proue du mouvement pour les droits des migrants en Grèce, Mamadou Bah a d’abord été battu presque à mort, au hasard d’une « ratonnade » quotidiennes de ces modernes S.A. Lesquels, suite à son témoignage à visage découvert dans la grande presse et son appel à résister à leurs exactions, sont revenus à la charge et l’ont poursuivi à deux autres reprises. La première fois jusqu’à son travail et quelques jours plus tard devant son domicile, qu’il a en conséquence été contraint de quitter tour à tour.

Traqué sans relâche par les assassins casqués et armés, il ne lui restait comme choix que d’aller se terrer des semaines durant chez des compatriotes guinéens. Réduit à une totale clandestinité, constamment sous la menace d’une récidive, seul l’exil et une nouvelle reconnaissance comme réfugié lui offrait une chance de survie. C’est ce que nous venons d’obtenir, au terme d’une longue lutte.

Un précédent historique pour le droit d’asile

Ensuite sur le plan juridique, où il s’agit d’une décision véritablement historique. A notre connaissance, c’est la première fois en Europe, si pas à l’échelle mondiale, qu’une personne bénéficiant déjà du statut de réfugié se voit octroyer une seconde fois cette protection.

Un précédent d’une portée inestimable, au propre comme au figuré, pour les défenseurs du droit d’asile et les candidats réfugiés. Mais aussi, une lueur d’espoir pour les victimes des actes racistes, de la violence policière et des attentats fascistes qui règnent quasi impunément en Grèce.

Pour tous ceux et toutes celles-là, le « cas » Mamadou Bah est une brèche dans le mur de la Forteresse Europe, qui pourra faire jurisprudence.

La Grèce de facto condamnée comme un Etat de non-droit

Enfin, sur le plan politique, la signification de cette reconnaissance de Mamadou comme réfugié est aussi essentielle.

Car, dans les faits (même si le GGRA ne le dit évidemment pas dans la notification de sa décision), il s’agit clairement d’une mise en cause directe d’un Etat-Membre de l’Union Européenne, lesquels sont pourtant tous « réputés sûrs» et respectant les droits de l’Homme. Et pas n’importe lequel : à l’époque de cette décision, la Grèce était encore en charge de la Présidence de l’Union Européenne !

C’est néanmoins ce pays qui est ainsi pointé du doigt par la Belgique, berceau et siège des institutions de la même Union, pour son incapacité à protéger ses ressortissants, face aux agissements des bandes nazies et de leurs complices dans la police. Une accusation très grave, à plus forte raison concernant de tels manquements envers un réfugié récemment admis à ce statut… par les autorités grecques elles-mêmes.

Enfin, c’est aussi une confirmation implicite de ce que les progressistes grecs dénoncent depuis 2010. A savoir la quasi disparition de l’Etat de droit dans leur pays, dans le cadre de la cure d’austérité barbare imposée au peuple grec par la Troïka et ses serviles exécutants gouvernementaux. Cela, au prix d’une répression politique d’une rare brutalité et d’un déni complet des règles démocratiques les plus élémentaires, comme on n’en avait plus connu depuis la dictature des Colonels.

Elargissons la brèche, tous ensemble !

Telle est la véritable « traduction » d’une décision qui fera date.

A ce titre, la victoire de Mamadou est aussi un peu la nôtre à tous, antiracistes, antifascistes, mouvement des migrants et sans papiers, défenseurs du droit d’asile, ou encore féministes et militants pour les droits des homosexuels (deux autres combats menés par Mamadou, qui lui ont également valu la haine meurtrière d’Aube Dorée)… Raison de plus pour en tirer les leçons et s’en inspirer dans les batailles à venir !

Dans cette perspective, nous projetons dès septembre une « tournée » de meetings dans les trois régions du pays, avec Mamadou et les associations actives sur ces différents terrains.

Prenez contact avec nous pour préparer et participer à cette deuxième étape de notre campagne !

LE COMITE DE SOUTIEN A MAMADOU BAH,

Contact : Denis Desbonnet denisdesbonnet@gmail.com

reportage Euronews (6 juin)

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