Port de Pirée: victoire ouvrière sur la société chinoise Cosco

Imaginez un seul moment un pays dans l’UE ou les ouvriers n’ont pas le droit de grève et même quand ils osent de s’organiser un minimum pour défendre leurs droits économiques et sociaux leur gouvernement leurs envoie les CRS. Pas possible non ? Ce n’est pas le Cambodge non plus !

Hélas c’est n’est pas un simple schéma rhétorique. C’est justement ce qui vient d’arriver au port de Pirée, à Athènes, le vendredi passé.

Depuis plus que deux ans le géant étatique chinois, COSCO, a acheté une grande partie du port commercial du Pirée en important en même temps les mêmes conditions de travail que dominent les relations de travail dans les zones d’exportation franche ; c’est-à-dire une absence totale d’organisation ouvrière, des conditions de sécurité déplorables et une ambiance d’intimidation constante  des ouvrières qu’osent se plaindre.

piréeLa grève sauvage lancée par les ouvriers portuaires a commencé le vendredi 18 juillet. Les ouvriers de l’équipe du soir ont bloqué l’entrée à l’équipe du matin tout en déposant à la direction une liste de revendications sur les conditions de travail qui étaient décidées en commun par les ouvriers de COSCO. De suite les ouvriers ont décidé, sous forme d’un conseil ouvrier informel, de continuer leur mobilisation jusqu’à Lundi et de procéder à la création d’un syndicat ouvrier.

Les conditions de travail lamentables dans le port étaient connues depuis longtemps par des reportages de la presse grecque, mais le gouvernement est loin de désirer à chagriner ses nouveaux amis chinois. Ainsi, l’après-midi même de la mobilisation ouvrière dans le port du Pirée, le gouvernement Samaras a envoyé les « unités de restitution de l’ordre publique », les infâmes unités « MAT », l’analogue des CRS françaises.

Mais regardons de près les revendications de ces ouvriers insolents qu’ont obligés le gouvernement de briser la léthargie de l’été et juger opportun d’envoyer les forces d’ordre publique au secours de COSCO.

La première chose que les ouvriers demandent est de pouvoir constituer un syndicat dans les lieux du travail et signer un accord collectif de travail. Parmi leurs revendications se trouve aussi la possibilitée de déclarer les accidents de travail que jusqu’ici n’étaient pas déclarés ( ! ), au contraires les blessées étaient transportés avec des véhicules privées.

Après des négociations farouches avec la compagnie filiale de COSCO, SEP SA les ouvrièrs ont pu obtenir des rassurances écrites que :

  • Tout ouvrier certifié comme tel sera reconnu comme travailleur portuaire et sera inclus dans le régime des professions pénibles et insalubres. Ceux que ne détiennent pas ce certificat suivront des cours jusqu’à Septembre pour être aussi intégrés dans le régime.
  • Les deux parties ces sont mises d’accord sur une série de questions techniques concernant la gestion du travail; ils s’agit de questions très importantes en ce qui concerne les normes de sécurité pour les ouvriers.
  • Les ouvriers ont pu avoir l’assurance écrite sur les points suivants: les discussions sur la constitutions d’une convention collective de travail commenceront; aucun ouvrier ne sera licencié pour avoir participé à la grève; il n’y aura pas d’entrave aux efforts des ouvriers pour la création d’un syndicat.

Il s’agit, décidément, d’une très grande victoire pour les ouvrièrs de COSCO dans le port du Pirée. Grâce à leur détermination ainsi qu’à la solidarité ouvrière et politique de Syriza, KKE et Antarsya, pendant que le quai de COSCO était assiégé par les forces d’ordre, ils ont pu briser la terreur qui régnait dans les relations de travail.

L’affaire est loin d’être finie mais il est important de relayer le message que seule l’organisation massive des ouvrières peut nous rendre capables à contrecarrer la destruction des droits économiques et sociaux partout en Europe, ce qui se passe au nom d’un libéralisme que ne profite qu’aux déteneurs des moyens de production et pas à ceux qui, au quotidien, font travailler les moyens de production.

E.Β.

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2 thoughts on “Port de Pirée: victoire ouvrière sur la société chinoise Cosco

  1. Pas étonnée quand on sait que malgré certaines protestations de quelques 60 parlementaires à Bruxelles, un homme seul (non élu) peut prendre l’initiative de faire bénéficier un milliardaire grec (groupe Latsis) de quelques 60 milliards d’euros (cet homme, c’est Barroso). Alors que tout un peuple souffre en Grèce! Et ce même homme est récompensé par Hollande en France et par le gouvernement Obama aux USA. de plus Barroso brigue un haut poste à l’OTAN maintenant.On les récompense et généreusement. Demain si une troisième guerre naît, ces mêmes hommes oseront prétendre que c’était le système qui les obligeait à prendre de telles initiatives, celà rappelle étrangement le procès de Nuremberg, on ne savait pas et on ne pouvait donc être tenu pour responsable. Tout le monde a compris qu’une toute petite minorité cupide agit pour les seuls intérêts d’une autre minorité immensément riche. On brade tous les joyaux européens partout pour une miette de pain et on vole les peuples. Quand pourra t-on juger pénalement ces crimes économiques et crimes contre l’humanité à partir du moment où ces vols impunis, manifestes (avec la complicité des politiques) mènent des gens au suicide!

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