Les développements lors des parutions des Ministres grecs aux Comités du Parlement européen

Un débat très vif a eu lieu mardi  21 janvier, au sein de la commission des libertés du parlement européen sur les questions traitées dans la lettre de syndicats et ONGMarie-Christine Vergiat a mentioné explicitement la lettre et a evoqué (au nom de la GUE/NGL) l’idée d’un rapport parlementaire sur les droits fondamentaux en Grèce. Le travailliste britannique Michael Cashman et la vice- présidente de l’Eurogroupe libéral Sarah Ludford ont interogé les ministres de l’intérieur Michelakis et de la justice Athanasiou sur le comportement de la police et les discriminations de l’Etat contre les victimes d’attaques racistes. Les ministres ont menti dans leurs réponses en disant que la police ne refuse pas systématiquement d’enregistrer les plaintes pour violence raciste. Nikos Dendias, ministre de l’ordre public responsable pour la torture exercée contre des manifestants antifascistes et la repression brutale du mouvement des habitants de Chalkidiki, n’a pas osé se présenter devant la commission (LIBE).

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Les Membres du Parlement européen N.Chrysogelos (Verts) et G.Toussas (KKE) ont décrit la situation désastreuse de la santé publique en Grèce lors de la réunion de la Commission parlementaire compétente (ENVI), le 22 janvier : 1,8 milliards de coupes budgétaires (-32%), 3 millions de personnes sans couverture de santé, 1 million sans aucun accès aux services de soins publics, cinq grands hôpitaux fermés, plusieurs îles sans infrastructures de santé, programmes publics de vaccination insuffisants qui obligent les citoyens à avoir recours à des services de vaccination privés . Le ministre, Adonis Georgiadis, a contesté le nombre des non-assurés évoqué, qui était pourtant basé sur des estimations très prudentes du président de l’organisme grec d’assurance publique (EOPPY). Il s’est également efforcé de relativiser cette image peu réjouissante en disant que le hôpitaux accueillent tout le monde. Il a omis de mentionner que pendant des mois il a essayé d’imposer un forfait de 25 euros pour toute visite à l’hôpital, une mesure qui a été temporairement suspendue seulement grâce aux luttes du personnel de la santé, qui est d’ailleurs toujours en mobilisation.

M.Chrysogelos a aussi mentionné le sujet de l’exclusion grandissante des immigrés de la santé publique et du mythe qu’ «ils portent des maladies », véhiculé par l’extrême droite. M. Georgiadis a dit que « c’est vrai que ils amènent des maladies et qu’en ne l’ admettant pas, on aide l’extrême droite » et que le gouvernement fournit des services de santé aux immigrés. C’est une pur mensonge, puisque les immigrés doivent souvent payer 40 à 50 euros pour être admis aux hôpitaux. De même, il a oublié de mentionner aux Membres du Parlement qu’il appartenait lui-même à un parti d’extrême droite il y a quelque temps et qu’il a dans son “cv” plusieurs dizaines de déclarations racistes, mis à part le fait qu’il faisait de la télé-vente de escroquerie du livre ‘Les protocoles des Aînés de Zion’.

La députée conservatrice britannique, Mme Giannakoudakis, a dit que les londoniens sont contents d’avoir accès à tant de bons docteurs grecs, mais elle se demandait si la fuite d’un si grand nombre de personnes hautement qualifiées constituait un problème pour la Grèce. M.Georgiadis a répondu que « les docteurs abondent en Grèce et si on voulait qu’il y ait du travail pour tous, alors tout le monde devrait être malade tout le temps» et que «la mobilité c’est bien» (dans la même ligne que «l’immigration est une bénédiction pour le pays» comme l’élite politique disait concernant lors des années mornes de l’après-guerre en Grèce). Pourtant, quelques minutes plus tard, en répondant à une question d’un autre député, venant d’un autre pays balcanique, il a été oblige à dire exactement le contraire, que c’est négatif pour la Grèce de voir toutes ces personnes formées dans le pays partir à l’étranger.

Enfin, M. Georgiadis a informé les Membres du Parlement que les effets du changement climatique sur la Grèce ont été positifs!

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A la Commission des affaires économiques du Parlement européen (ECON), le 22 janvier, le ministre grec Stournaras a été durement critiqué par tous les groupes politiques européens n’ayant pas de représentant dans le gouvernement grec: tous donc à l’exception du Parti populaire et des sociaux-démocrates. Nikos Choundis (SYRIZA) a rappelé que la misère dans laquelle se trouve le peuple grec est due exclusivement au sauvetage des banques européennes, les Verts ont remarqué que les mémorandum “ne mènent nulle part” et les libéraux “qu’il faut faire quelque chose” (sic) à propos du chômage. 
A la commission de l’emploi (EMPL), la présidente Pervenche Berès a cependant rappelé que la Grèce a été condamnée par l’OIT (Organisation Internationale du Travail) pour violation des droits fondamentaux du travail et que le dialogue social est “en piteux état”. 
Le ministre Vroutsis a soutenu que “la situation sociale se stabilise” (!!) et que “le dialogue social” constitue une priorité! Bien que celui-ci ait été aboli par le troisième mémorandum en novembre 2012. Il n’a d’ailleurs pas manquer d’annoncer qu’il compte réduire encore de 5% les revenus indirects (droits de pension, assurance-maladie, etc.).
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